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happyou

[ Joyeux anniveraire ! ]
aix-en-provence, jouques, sainte-victoire

5 avril
2025

Le jour de sa célébration approchant, j’arrivais, quelques jours auparant vers Petiplata, avec une proposition qu'elle ne saurait refuser : “Pour ton joyeux anniversaire, je t’offre une très belle trace faite de ville, de campagne, de bitume, de chemins blancs, de voie ferrée et de canal…”.
Acceptant le principe de cette aventure pédalée, elle me questionna sur ce que les datas prévoyaient pour ce parcours : “Un petit 100 kilomètres, une météo nickel, un peu de dénivelé, beaucoup de plaisir”.
- Oui mais cela fait des mois que nous n’avons pas vraiment roulé… et c’est quoi “un petit 100 kilomètres ?”
- De ma faute à moi si Nicolleta a chanté “il est mort le soleil” chaque jour de l'hiver ?
Et pour ce qui est d’un “petit” 100 kilomètres, sachez que je ne vous le fais pas à 100 non non non mais, exclusivement pour vous et parce que vous m’êtes sympathique, je vous le fais exceptionnellement à 99... virgule 4 !
- Tu me vends ton prix psychologique mais 99 ou 100, c’est du pareil au même…
- Ah non, je vous garantis que non et d’ailleurs, je vous le prouve : j’ai le même à la maison !”

Le vélo, ça pique sa mère !

Vélos préparés, habits de lumières enfilés, casques clipsés, nous démarrons notre périple sous un soleil qui a du mal à percer sa couverture nuageuse. Le fond de l’air est un peu frais. Les conditions sont idéales pour un (re)démarrage en douceur. Les premiers kilomètres sont propices au sourire : les sensations absentes depuis bien trop longtemps sont de retour et ça fait du bien au mental.

Déjà un premier petit mur se profile : un raidillon d'un peu plus de 700 mètres à 10% réveille pleinement ce que les souvenirs de quelques mois en arrière avaient pu édulcorer : le vélo ça pique sa mère et sa jambe !
Petiplata attaque un peu fort cette ascension et câle à quelques encablures du point de bascule. Alors que je l’interroge sur l'intensité soudaine donnée à cet effort, sa réponse se contente d’un définitif “je ne sais pas”. Moi non plus, par conséquent.

Concerto
pour jurons

Nous entrons dans Aix-en-Provence. Certains automobilistes impatiens jouent du klaxon. Je ne suis pas en reste. S’entame alors un concerto pour jurons en désaccord majeur, de toute beauté (c’est couillon, vous avez manqué ce beau moment électrique). Nous finissons par nous extirper de ce passage obligé qu’est la traversée citadine pour nous retrouver au calme d’une campagne plus apaisée. Seuls quelques chants d’oiseaux viennent perturber le ronflement continu de nos pneumatiques sur l’asphalte (on ne peut jamais être tranquille).
“Un brin de soleil serait le bienvenu” insistais-je à plusieurs reprises comme une incantation à l'astre rayonnant qui demeura sans effet encore un bon moment.

Mode gravel
activated

A gaaaauche !”. Nous quittons la route. J'avertis Petiplata qu’elle va devoir activer son mode “Gravel” tout en la rassurant sur le caractère roulant de ce chemin blanc.
Juste quelques points de vigilance pour éviter ici ou là des ornières peu praticables, des “pierriers“ tout doux ou des passages qui gardent en réserve de l’eau tombée de là-haut. Non, le confort n’est plus celui d’un revêtement goudronné.
Nous longeons quelques kilomètres durant une voie de chemin de fer que nous quittons pour découvrir plus loin les rivages du canal EDF. Une ligne chasse l'autre. Dans les deux cas, nous ne marquons aucuns points au compteur des dénivelés.

Le début
de la faim

L'heure avance et avec elle, la faim commence à se faire ressentir. Petiplata donne des signes de besoin de pause. Cela tombe bien, Jouques nous ouvre les bras.
Jour de fête oblige, nous oublions l’inévitable boulangerie pour nous arrêter “Aux deux saveurs”. Etablissement ne payant pas de mine, nous avons pourtant été plus qu’agréablement surpris alors même que nous savourions notre ravito de luxe : une cuisine sans chichi qui ne vous raconte pas une histoire qu'elle ne connaît pas et qui tient toutes ses promesses gustatives !

Débats
de laine

C'est sous un soleil qui assume désormais son rayonnement ardent que nous reprenons notre route pour boucler la boucle. Au détour d’un chemin, un champ dans lequel paissent des moutons. Je ne résiste pas à l’appel photographique.
Sous leur épais manteau 100% pur laine, les ovins s’agglutinent sous les îlots ombragés qu'improvisent les arbres. Je lance le débat : “Dites les brebis (prononcez brebisses), ne croyez-vous pas que vous serrer les unes contres les unes peut vous tenir plus chaud encore que de vous dorer la pilule au soleil ?”. Mon débat fait flop, un “bêêê” tout au plus consenti là-bas de la part d’un bélier qui était trop loin pour avoir entendu ma question.

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shoot again

Au sortir de Rians, nous rencontrerons d’autres congénères laineux dans les travées d’une parcelle de vigne. Soucieux de leur bien-être, je leur crie : “Allez vous mettre à l’ombre !”. A part quelques regards hagards, mon intervention ne suscita pas de réactions.
Nouveau flop. Deux sur deux, voilà un score qui flirte avec l’excellence ou je ne m'y connais pas.

Regagner
le camp de base

Fini de rire, nous avons un tour à terminer et avant que de compter les moutons qui nous appèleront au sommeil quand la nuit aura déroulé son tapis étoilé, il nous faut regagner le camp de base. Nous empruntons la route qui nous permet de venir caresser le versant Est de la montagne Sainte-Victoire, gravir quelques kilomètres encore pour pouvoir basculer profiter d’une descente rythmée par ses virages serrés.

Nous empruntons les ruelles étroites pour rejoindre le bas du village de Pourrières…
Trets nous accueille, son panneau d’entrée de ville posé au sol (une tradition locale certainement). Et déjà, nous cheminons vers notre camp de base. Plus qu’une vingtaine de bornes.

Tout pareil

Pour son anniversaire, Petiplata a parcouru 100 kilomètres à vélo. Enfin, 99,3.
“Oui mais 99 ou 100, c’est la même chose !”. Allez, c’est son joyeux anniversaire après tout, je me plie à sa sentence conjuguée à l'impératif du suggestif : c’est pour moi, c’est cadeau !

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