ase
17 octobre
2025
L'iPhone vibre, il est 7h00. Comme des voleurs, nous quittons la maison. Le train n'attend jamais. Arrivés sur le quai de la gare, l'écran affiche un horaire inattendu : le créneau que nous avions choisi hier est annulé. L'aventure commence avant même que d'avoir débuté réellement. Pas grave, nous ne quitterons pas Arles à 9h30 comme prévu mais à 10h45.
En chemin vers Marseille, notre TER ralentit puis s'arrête anormalement entre deux gares. La voix masculine que diffusent les haut-parleurs annonce “des travaux en cours sur la voie, suite à des incivilités”. Les minutes s'égrennent, le temps s'étire. Nous sommes désormais trop tard pour attraper le second train en partance à l'instant pour Arles. Il nous faut désormais patienter deux heures en gare Saint-Charles. Nous allons inévitablement débuter notre périple avec deux heures et demie de décalage...
Il est midi quand nous entamons enfin nos premiers mètres pédalés le long du Rhône. Les routes de la Camargue sont désertes, l'été indien annoncé est au rendez-vous, les déconvenues ferroviaires s'évanouissent.
deux cyclistes
& trois pêcheurs
Kilomètre 25, nous quittons l'asphalte et roulons des chemins en longeant le Canal du Rhône à Sète. La rive droite étant partiellement en travaux, nous sommes contraints d'emprunter la voie gauche plus sauvage et au rendement aléatoire. Nous saluons les trois pêcheurs qui ont installé un bivouac qui laisse supposer que leur week-end sera intense. La surface lisse de l'eau se ride ici ou là sous l'effet de la caresse du vent ou de chasses subaquatiques qui invitent les proies à quitter, un court instant, leur élément naturel pour tenter d'échapper à leurs prédateurs.
deux cyclistes
& un bestiaire
Quelques encablures plus loin, ce sont trois chevaux que nous croisons. Ils semblent peu habitués à la présence de l'homme. Alors que je saisis le boîter photo pour immortaliser ce moment, le plus jeune de la bande, resté en arrière, prend peur. Il se cabre et rebrousse chemin. Je shoote rapidement et repose la menace. Rassuré, il revient, nous croise hâtivement et rejoint ses congénaires. Barrière de barbelés franchie, crevaison réparée, nouveaux groupes de chevaux, de chèvres et d'échassiers croisés (on se croirait dans un Disney), nous retrouvons la rive droite. Nous pouvons à nouveau rouler au tempo.
Urbes
in pace
Après cette partie de campagne, nous retrouvons la civilisation. Aigues-Mortes, le Grau-du-Roi et enfin la Grande-Motte nous accueillent à tour de rôle. L'arrière saison confère un avantage que je mesure pleinement alors même que je me remémore la même trace parcourue en pleine période estivale : l'absence de touristes permet de profiter de ces étapes dans un climat beaucoup plus apaisé. C'est précieux.
sète
un jour d' arrêt
Il semble que nous ayons finalement bien oublié notre mésaventure matinale, profitant de notre balade au point que la vigilance n'a pas été de mise : même si nous avons vu le soleil décliner pour se perdre dans la ligne d'horizon, nous faisons le constat arrivés à Palavas-les-Flots que les quelques kilomètres à venir seront rapidement rattrapés par la nuit. Comme il était prévu que nous ne devions rouler que de jour, je n'ai évidemment pas prévu d'embarquer les lampes avant... Villeneuve-lès-Maguelone dispose d'une gare SNCF ! Le point B de ma trace pointait initialement sur la gare de Sète, nous y sommes arrivés. Certes, pas comme prévu, mais arrrivés quand même !