0

changement de braquet...

mnsq2

[ Manosque-Meyrargues ]
   VOIR LA TRACE
Manosco#2 - Manosque, Jouques et Meyrargues

30 mai
2025

“Il faut que nous soyons impérativement sur le quai 2 minutes avant le départ prévu à 8h11” (sachant qu'il nous faut moins de 6 minutes pour rejoindre la gare, à quelle heure ma baignoire sera-t-elle remplie ? Je pose 5 et je retiens 2, 3 que multiplie 4 font 13 TTC...). Au moment de prendre la route pour rejoindre la gare, nous savons d'ores et déjà que la journée sera très belle. Spoiler alert : elle le fut. Fin du récit. Allez à la douche !

Le train arrive en gare et stationne voie B. Nous embarquons dans la voiture qui affiche un ostentatoire “6 vélos”. Le voyage nous permet de regarder plus en détail une trace que j'ai dessinée sans avoir, pour une fois, vraiment pris soin de vérifier si d'éventuels écueils seront à éviter... Ok, tout semble bon : le checking ne laisse rien transparaître de fâcheux, de contrariant au plaisir de la découverte en milieu pédalé.

Manosco
episòdi 2

De retour en gare de Manosque-Gréoux-les-Bains, nous débutons cette fois notre périple rive gauche de la Durance en évitant d'emprunter la route de Marseille, lui préférant largement un axe parallèle au revêtement plus approximatif certes, mais à l'avantage non négligeable de n'être que très peu fréquenté.

Nous traversons Sainte-Tulle puis Corbières-en-Provence. Il semble n'y avoir pas encore âme qui vive à cette heure encore matinale mais plus trop. A la recherche d'un "petit café", nous faisons par deux fois chou blanc. N'en doutons pas, le prochain village sera le bon... ou pas ? Quelques marches plus haut, nous quittons Corbières et enfourchons à nouveau nos destriers pour quelques centaines de mètres de route nationale.

Du verbe
riche

Un premier petit pétard de 2,5 kilomètres au dénivelé qui affiche successivement 6,7,8° au compteur. Alors qu'un petit air frais nous accompagnait jusqu'ici, c'est soudainement en pleine chaleur que nous franchissons cette ascension : qui a coupé le ventilateur ?
Les gravillons qui crépitent sous la gomme de nos pneus et l'odeur de bitume qui nous monte au nez (ça fait pas plaisir) nous confirment que la route a été refaite récemment (ça fait plaisir). Au point de bascule, nous sommes bluffés par la beauté de cette végétation dense d'avoir été généreusement cajolée par des pluies aussi régulières qu'abondantes.

Les virages s'enchaînent, à droite, à gauche... A chaque sortie, c'est une nouvelle découverte d'un point de vue que nous ponctuons d'un enthousiaste et primaire "Rhololo, comme c'est beau !" qui résume à la fois la qualité, la richesse et la diversité de nos échanges à ce moment précis. Un dernier virage. Devant nous, un pittoresque village provençal accompagné de son lit de verdure et de son champ de coquelicots : "Rhololo, comme c'est beau !". Nous nous approchons. Beaumont-de-Pertuis nous accueille le temps d'une pause : nous l'avons enfin bu notre petit café !

Coule
la Durance

Prochain incontournable de notre tour : les vestiges classés aux monuments historiques du Pont Mirabeau qui enjambait la Durance de 1845 à... août 1944. J'ai beau connaître cet édifice pour l'avoir "visité" à de multiples reprises, je suis chaque fois impressionné par ce témoignage de l'ingénierie humaine. Je me penche pour observer la Durance et suis surpris par son maigre volume. Nous profitons du spectacle encore un peu et reprenons notre route.

Cala calam
calae

Le second pétard annoncé sur la trace est sur notre droite : un 3 bornes et ses passages aux pourcentages à deux chiffres. Je cale dans cette montée : peut-être que les quatre heures passées la veille en position fléchie sur les appuis inférieurs du bas pour entretenir les lames de bois de la terrasse du camp de base me font payer la note ? Quoiqu'il en soit, mon muscle est tétanisé (Houston, les jambes ne répondent plus). Je pause quelques minutes et repars en mode diesel : ça monte sans panache mais ça monte. A contrario, Petiplata semble un petit peu trop en forme pour être honnête (mémo pour plus tard : vérifier de quel sel elle sale sa soupe avant de partir, ce n'est pas clair tout ça).

Fontaine,
je boirai des tonneaux

12h30. Jouques et ses multiples fontaines nous invitent à une pause fraîcheur bienvenue pour contrer la chaleur du soleil qui nous irradie depuis le début de la matinée. Petiplata retire casque, gants, lunettes et gapette. L'eau qui s'écoule sur son crâne a pour effet immédiat de lui couper le souffle. Et l'athlète sous sa douche de fortune de suffoquer : "Wouh... wouah... elle... elle est... glacée !”
Je pose le casque pour mouiller ma gapette à mon tour : même si la chaleur est mon amie, le contact du "glacé" sur ma peau brûlante me fait un bien fou. Et moi, de sourire à comprendre la réaction de Petiplata.
Quelques chaises à l'extérieur de la boulangerie nous invitent à une pause déjeuner : un sandwich, un coca... nous savourons le moment et décidons que oui, définitivement, la trace est belle.

Le craaac
du pédalier

Nous cheminons à nouveau en direction de Rians. Plus qu'une cinquantaine de bornes pour boucler le tour. Alors que depuis des kilomètres mon boîtier de pédalier s'est découvert une vovation de chanteur, nous décidons d'un plan de repli pour écourter le tour : le chant s'est mué en complainte. Le craquement sonore qui s'installe désormais à chaque tour de manivelles ne m'inspire guère confiance car je conjecture qu'il n'amasse pas mousse.
Demi-tour. Stratégie du moment : regagner Meyrargues et sa gare ferroviaire pour nous permettre de regagner le camp de base sans casse. Nous retraversons Jouques, longeons le canal EdF à Peyrolles-en-Provence. La région possède notamment ce charme fou de donner à voir du beau même en cas d'imprévu.

En train
de revenir

La gare de Meyrargues est déserte quand nous arrivons. Quelques partenaires de voyage se joignent à nous au moment d'embarquer. Les vélos suspendus dans la voiture 2, nous débarquons sur notre quai, quelques trente minutes plus tard...
Malgré cette déconvenue technique, nous constatons que nous avons passé une journée magnifique et, cherry on the cake, que nous avons joliment peaufiné nos tan lines de cyclistes !

Manosco#2, voyage à vélo entre Manosque, Jouques et Meyrargues