0

changement de braquet...

sran

JOUR#1 [ saumur-le lion-d'angers ]
   VOIR LA TRACE
SRAN#1 - Saumur Le Lion-d'Angers

5 août
2025

JOUR#0 - Les yeux fermés, un dernier check-up rapide agitant le neurone de la mémoire photographique pour s'assurer une dernière fois de n'avoir rien oublié. Les sacoches sont sanglées sur les porte-bagages, les montures fraîchement squirtées sont enfourchées. Même si ce premier trajet ne nous conduit qu'en gare d'Alençon pour embarquer à bord des trains qui nous mèneront successivement vers Saumur, les états d'esprits ne trompent personne : le voyage a bel et bien commencé...

6 août
2025

Après une nuit passée chez Odile Airbiennebi et un immanquable rendez-vous café avec un cousin que la vie avait éloigné mais a bonheureusement fini par rattraper (tempus fugit sed socius manet), nous voici de retour en ce matin un sur trois, là-même où nous débarquâmes hier. La trace estivale débute en gare de Saumur rive droite et nulle part ailleurs. La première règle du Bike Club : "la trace est la trace" (à égalité avec "Il est interdit de parler du Bike Club").

“Nous, mais qui sont ces nous ?”. Je manque à tous mes devoirs. Laissez-moi vous présenter l'épique équipe. Honneur à la gente pédalesque : Petiplata a embarqué ses jambes et son sourire dans cette aventure roulée. A ses côtés, PapyClaude (PapaPetiplata) s'est volontiers laissé convaincre de partager cette expérience unique. Dernier membre, votre serviteur Petiplato, photographeur/narrateur du périple. Mesdames, messieurs, le trio infernal !
(Foule en délire, fanfare symphonique, applaudissages à tout rompre & tout l'bordel... Calmez-vous !!!)

L'euphorie
des départs

Les premiers kilomètres sont comme chaque fois enthousiastes. Il flotte dans l'air un parfum de légèreté à oublier les impératifs du quotidien, à savoir les uniques préoccupations des jours à venir dédiées à faire tourner la jambe et à la collecte de souvenirs, au rythme d'un temps suspendu.

Bien que très tranquilles, il y a dans ces premiers coups de pédale, la classique l’euphorie des départs. Elle passera naturellement au fil des kilomètres déroulés pour devenir gestion.

De la contemplation
onomatopéique

Les joyeuses exclamations ne tardent pas à se faire entendre tellement il y a du beau à voir : ici les murs en tuffeau finement sculptés ornant la façade d’une cave à vins, là une église appelant les cavaliers à la contemplation (ne sommes-nous pas des cavaliers chevauchant des montures modernes après tout ?) ou encore là-bas l’envol d’un échassier (“Tu ne l'as pas vu ?”), l’originalité d’une maison troglodyte, la majesté de demeures d'exception…

Le Songe
d'une journée d'été

A la regarder régulièrement, je retrouve dans cette Loire, une Durance que je visite régulièrement, en ce sens qu'elle semble parfois occuper un lit beaucoup trop grand pour elle. Mais déjà, Dame Sagesse Populaire me rappelle à sa mise en garde et dictonne à mon oreille façon Yoda : “De l'eau qui dort, se méfier il faut". A moins qu'il ne s'agisse ici de cette sombre histoire de cruche à l'eau, je ne sais plus ? Quoiqu'il en soit, faisez gaffe à la flotte, c'est dangereux !

La case
à cocher

Notre progression se stoppe le temps d'une collation Coca/Orangina/café au bar tabac "La Gabare". Là, déjà attablés, d'autres voyageurs ont décidé d'une même halte. Certains comparent les performances de leur destrier électrique, d'autres prospectivent leur itinéraire à venir. Tout ce temps durant, le ruban aquatique déroule son immuable course devant nos yeux. La case “café en bord de Loire“ est désormais cochée.

Nous repartons et quittons l’asphalte pour progresser désormais sur un chemin de halage situé à quelques petits mètres du fleuve. Je précise à mes acolytes qu'en ma qualité d'auteur de la trace, je ne pouvais pas leur proposer de rouler plus près de l’eau : "plus près, c'est dedans l'eau et pis c'est tout !".

Les confluences

Notre chevauchée fantastique ne se fait pas seule. En cette période de repos mérité, nous empruntons la route d’autres voyageurs, en mode solo ou pluriel. Parfois nos fugaces destins se croisent. Parfois, ils se dépassent puis se retrouvent plus loin pour se dépasser à nouveau quelques instants plus tard. Les conversations se font en pointillés avec, tout de même, une certaine forme de cohérence. Je me retrouve à faire la course avec des prétentieux qui veulent me doubler, une occasion d’un échange conjugué au temps du sourire, toutes les occasions sont bonnes pour faire le malin et je préviens que je ne saurais manquer la moindre occasion qui se présente à moi quitte à la créer - mémo à moi-même : penser à grandir.

Le bitume se mue en chemin puis en chemin forestier qui se transforme enfin en single. Nous avons atteint une autre case à cocher. Nous posons les vélos. Devant nos yeux, s'ouvre un triangle de terre : le confluent entre la Loire et la Maine apparaît tel un territoire de contraste avec à gauche un fleuve au courant visible au point d’en paraître inquiétant et à droite l'apaisée Maine qui traverse la cité angevinne que nous allons rejoindre dans un instant pour déjeuner.

Revenir en arrière,
droit devant !

Le chemin halage de “la Levée de Bouchemaine” qui court entre la Maine et le lac de Maine soulève, à notre passage, son lot de poussière. Il nous conduit tout droit vers Angers. Je ne puis m'empêcher de convoquer une immanquable séquence souvenirs me ramenant rue Bressigny, son école des Beaux-Arts, ma chambre d'étudiant... Un autre temps que l'on semble pourtant avoir vécu juste hier mais que les années qui s'égrennent, éloignent sans le moindre ménagement.

Courte pause sorbet artisanal “Promenade Yolande d'Aragon”, nous longeons le quai Monge et saluons déjà le château des ducs d'Anjou pour rejoindre ce qui sera notre troisième cours d'eau de la journée, la Mayenne.

La Mayenne

Voilà, nous avons atteint l'endroit précis où La Sarthe et la Mayenne s'unissent pour devenir la Maine. “À gauche” indique mon gps. J'indique "à gaaaauuuche !" à mes compagnons de route. Nous laissons définitevement Angers derrière nous. A un jour prochain, peut-être.

Les quelques kilomètres qui nous séparent de notre camp de base nocturne se font eux aussi sur des chemins de halage qui nous font “bouffer de la poussière”. Chaque gorgée issue de mes gourdes est une occasion de satisfaire un double besoin inattendu de boire et manger.

Un cadeau
inattendu

Mon Garmin joue sa mélodie typique annonçant la fin de la trace de notre jour #1. Lions d'Angers est sur notre gauche, à deux kilomètres environ. Nous suivons l'unique chemin à travers les bois qui prend cette direction. “Attention Maélys, laisse passer les vélos" ordonne la mère de famille qui se balade avec mari et enfants. Je n'ai pas chargé la trace nous permettant de rejoindre le village. Eux-mêmes à vélo, nous leur emboîtons le pneu pour prendre la bonne direction. Cela ne ressemble pas exactement à ce que j'avais repéré en préparant ce tour mais c'est finalement une bonne surprise que de découvrir le gigantesque hippodrome de Lion-d’Angers que nous contournons pour arriver à notre point de destination finale et temporaire.

Quelques victuailles emplettées au "magasin de proximité” situé à une bonne quarantaine de mètres et une bonne douche plus tard, nous sirotons notre Leffe dans le troquet “le Globe” au mur mitoyen avec notre camp de base ! C’est cela aussi être au top de l’organisation : c’est ne pas laisser au hasard le soin de choisir ses lieux de repos.

SRAN#2 - Saumur Le Lion-d'Angers